
Je me réveille brusquement, et pendant quelques secondes, la panique m’envahit.
Puis je me souviens, où je suis, ce que je fais là, d’où viens cette odeur…
Je me lève tout doucement pour aller écouter sa respiration.
Elle est faible, mais présente.
Je sors.
Les couloirs sont blanc-glacial, mais complètement déserts à cette heure de la nuit.
Je suis presque content d’avoir accumulé un atroce déficit de sommeil, ces dernières semaines : au moins, maintenant, je peux dormir n’importe où, n’importe quand, dans n’importe quelle position.
Je peux même somnoler en marchant dans les couloirs de l’hôpital, même en attendant l’immense ascenseur qui ne vient pas…
Aux amis et collègues qui me demandaient si tout allait bien en ce moment, j’avais pris l’habitude de dire :
- "Il y a des moments très bas, mais heureusement, des moments très hauts. Ca compense…"
En général, ça coupait court à la conversation, mais sur un sourire…
Puis je me disais intérieurement :
- "Promis, après l’opération, je fous un peu d’ordre dans tout ce bordel…"
J’ai bien étudié la question. Je l’ai retournée dans tous les sens, lors de mes longues conversations nocturnes avec mon Panda.
Et j’en suis arrivé à la conclusion suivante : Mon monde n’a pas besoin de plus d’argent, de plus d’agitation, de plus de concret.
Non...
Mon monde a besoin de plus de poèmes.
Mon monde a besoin de plus de danses.
Mon monde a besoin de plus de photos, de dessins, de figures fugaces dessinées sur le sable humide d’une plage ou la mousse crémeuse d’un cappuccino.
Parce que si j’avais le choix, ce serait...
Ces soirées (celle dont je reviens à l’instant et qui continue dans ma tête) sont le reflet de ma vie, en ce moment.
De purs moments de Chaos.
Le Grand n’Importe Quoi.
Le Bordel, mais le Bordel Magnifique.
On lâche-prise, lors de ces soirées.
On se laisse le droit de sentir, de ressentir, de vivre ici, maintenant, sans rien attendre de précis.
Car finalement, on sait bien comment tout cela finira : deux amis rentreront légèrement éméchés chez l’un d’entre eux.
Parleront des femmes de leur vie et des autres.
S’endormiront brutalement.
Et se réveilleront douze heures après avec la gueule de bois, en se disant "C'est la soirée la plus grandiose que j'ai passé depuis..."
Le lendemain, tout cela n’aura plus d’importance.
Cela deviendra un souvenir fugace, dont il ne restera que des photos.
Nous les regarderons ensemble, avec tous ceux qui étaient présents ce soir là, et nous nous souviendrons de tout ça comme dans un rêve.
Le rêve de quelqu’un d’autre, dans lequel nous n’étions qu’un figurant…
Vous a-t-on déjà dit, lecteur et lectrice adorés (et surtout toi, là-bas au fond, qui est très adorée), que vous êtes formidables ?
Non, sincèrement…
Vos remarques et idées sur mon dernier article "De
l'amour entre les petits chatons et les dinosaures", ont déclenché des tas de remarques drôles, inventives, introspectives, dramatiques… quelques unes en ligne, beaucoup dans les conversations du quotidien…
Nombre d'entre vous ont lu le texte au second ou troisième degré, y voyant le reflet de ma vie sentimentale compliquée… Certain avec beaucoup de justesse. (Non vraiment, vous êtes formidables...)
Pourtant, c'est une histoire vraie. Le chaton et le dinosaure existent vraiment, sur le rebord de cette fenêtre.
Et ils témoignent d'une véritable histoire d'amour...
Je sais que tu es déçu(e) par les histoires d'amour, lecteur et lectrice adorée (et surtout toi, là-bas au fond, qui est vraiment très très déçue…).
Que tu en as marre, que tu penses que tout ça n'est une vaste supercherie, destinée à faire marcher l'industrie de la fringue (élégante, affriolante, coquine…), du voyage (coquin, secret, de noces…) et de la bague (de pacs, fiançailles, et plus si affinité et/ou inconscience et/ou naïveté sur la nature humaine…).
Et pourtant, si comme moi tu étais le témoin de cette formidable histoire d'amour entre un petit chaton et un dinosaure, tu saurais qu'il reste un espoir, que l'amour se niche dans les plus étranges et improbables recoins du quotidien...
Avec Baci, on a échangé nos corps pour deux jours. Baci, c'est une copine d'internet : ce qui veut dire qu'on est toujours à deux doigts (et six cent kilomètres) d'aller boire un verre ensemble.
Je ne dors pas la nuit. Ou trop peu.
Pendant la journée, je me maintiens à la surface à coup de cafés, de jus d'orange et de bouffées délirantes qui m'incitent à écrire des articles totalement farfelus dont j'ai la décence, dieux merci, de ne publier qu'une infime partie.
Figurez-vous que dans la liste des choses que je veux accomplir avant d'être trop vieux pour pouvoir le faire, il y en a deux ou trois qui ne nécessitent pas d'avoir bu beaucoup d'alcool avant, ou de se munir d'une doudoune de 10 cm d'épaisseur et d'un dictionnaire de Norvégien.
Parmi ces choses-là figuraient en bonne place "Prendre des cours de théâtre".
Habituellement, mes visiteurs aiment mon appartement.
Homme ou femme, jeune ou âgé, j'ai toujours droit à la petite remarque sympa.
Voire admirative.
Voire envieuse.
Voire "Viens redécorer chez moi, mais ne dit rien à mon copain, je veux qu'il croie que je l'ai fait toute seule…".
Rien d'exubérant, pourtant. Juste un appartement de célibataire correctement agencé.
Mais de l'avis général, on "s'y sent bien…".
Donc, spécialement pour toi, lecteur et lectrice adoré (oui, même toi, là-bas au fond), je me transforme en Valérie Damidot et révèle mes 5 secrets déco...
Ahhh, lecteurs (et lectrices) adoré(e)s (oui, même toi, là bas au fond !)...
Votre serviteur vient d'obtenir la note de son mémoire en master de recherche.
Et votre serviteur, il embrasserait volontiers la moitié d'entre vous tellement il est content (désolé pour l'autre moitié, faudra attendre votre tour...).
J'adore flâner dans les parcs aux alentours de Meylan.
Il y a toujours un tas de jolies filles, entre 60 et 80 ans, qui vous font des sourires à tomber par terre.
Tous les matins, je prends le bus 31, entre Eybens et Meylan.
Et c'est à chaque fois une expérience formidable, qui m'en apprend autant sur moi que sur la vie, les gens, les séries télévisées et la valeur d'un sourire.
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